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Régime matrimonial Pacs 2025 : ce qui change pour vos biens

Le régime matrimonial Pacs 2025 a introduit des modifications notables dans la gestion des biens des partenaires, impactant directement vos droits patrimoniaux. Que vous soyez en instance de conclusion d’un Pacs ou déjà liés, ces évolutions législatives (loi n°2025-473 du 12 juin 2025, entrée en vigueur le 1er janvier 2026) redéfinissent la frontière entre biens personnels et biens communs. Cet article vous guide à travers les nouvelles règles applicables, les stratégies d’optimisation et les pièges à éviter.

En tant qu’avocate spécialisée, je reçois quotidiennement des questions sur la gestion des acquisitions immobilières, des comptes bancaires ou des donations entre partenaires. La réforme de 2025 a clarifié certains points, mais a aussi complexifié d’autres aspects. Nous allons décortiquer ensemble ce que vous devez retenir pour protéger votre patrimoine.

Avant d’entrer dans le détail, un avertissement s’impose : chaque situation personnelle est unique. Les informations ci-dessous ne remplacent pas une consultation personnalisée. Pour une analyse adaptée à votre cas, contactez un avocat en droit de la famille.

Ce que couvre cet article

  • Les nouvelles obligations de déclaration des biens acquis après le 1er janvier 2026
  • Le sort des biens immobiliers en cas de séparation : régime de l’indivision ou de la communauté réduite aux acquêts ?
  • L’impact sur les donations et les testaments entre partenaires
  • Les stratégies pour opter pour un régime différent (séparation de biens, communauté universelle)
  • Les conséquences fiscales des nouvelles règles (IFI, plus-values)
  • Les droits des créanciers et la protection du logement familial

1. Les fondamentaux du Pacs et du régime par défaut en 2026

Le Pacs (Pacte civil de solidarité) est régi par les articles 515-1 à 515-7-1 du Code civil. Depuis la loi du 12 juin 2025, le régime légal des partenaires est celui de la séparation de biens avec indivision forcée pour les acquisitions à titre onéreux. Concrètement, chaque partenaire conserve la propriété de ses biens personnels (acquis avant le Pacs ou reçus par donation/héritage), mais tout bien acheté ensemble après la conclusion du Pacs est présumé indivis par moitié, sauf preuve contraire.

Cette présomption est nouvelle : avant 2025, les partenaires devaient expressément prévoir une clause d’indivision dans leur convention. Désormais, l’indivision est automatique pour les biens acquis à titre onéreux (achat, construction) pendant la durée du Pacs. En revanche, les biens reçus par donation ou succession restent personnels, sauf volonté contraire des partenaires.

Maître Claire Delacroix : « Beaucoup de mes clients pensent que le Pacs crée une communauté comme le mariage. C’est faux. La réforme de 2025 renforce l’indivision, mais chaque partenaire reste maître de ses biens propres. Il est crucial de tenir un registre des apports personnels pour éviter des conflits lors de la séparation. »

Conseil d’expert : Dès la signature du Pacs, établissez un inventaire détaillé de vos biens personnels (comptes bancaires, biens immobiliers, véhicules). Faites-le signer par les deux partenaires et conservez-le. Cela facilitera la preuve en cas de litige.

2. Ce qui change concrètement avec la réforme de 2025

La loi n°2025-473 a modifié l’article 515-5-1 du Code civil. Désormais, les partenaires doivent obligatoirement déclarer leur régime dans les trois mois suivant la conclusion du Pacs auprès du greffe du tribunal d’instance. En l’absence de déclaration, le régime par défaut est la séparation de biens avec indivision automatique. Auparavant, le défaut de choix laissait place à une indivision classique.

Autre changement majeur : la possibilité d’opter pour une communauté universelle (tous les biens communs, y compris ceux acquis avant le Pacs) est désormais ouverte aux partenaires, sous réserve d’une convention notariée. Cela était auparavant réservé aux époux. Cependant, cette option est irrévocable et expose à des risques fiscaux (droits de mutation).

Tableau récapitulatif des régimes possibles en 2026

  • Séparation de biens avec indivision automatique (régime par défaut) : chaque partenaire gère ses biens personnels, les biens communs sont indivis.
  • Communauté universelle (option notariée) : tous les biens présents et futurs sont communs, avec possibilité de clause d’attribution intégrale au survivant.
  • Indivision classique (si convention expresse) : les partenaires définissent librement les quotes-parts.

Maître Claire Delacroix : « La communauté universelle est tentante pour protéger le survivant, mais elle peut être désastreuse en cas de séparation : chaque partenaire perd la maîtrise de ses biens propres. Je la déconseille sauf si vous êtes en couple stable depuis plus de 10 ans et sans enfant d’une précédente union. »

Conseil d’expert : Si vous optez pour la communauté universelle, prévoyez une clause de reprise des apports en cas de dissolution. Cela permet de récupérer vos biens personnels sans fiscalité excessive.

3. Le sort des biens immobiliers : indivision ou communauté ?

C’est la question la plus fréquente dans mon cabinet. Depuis 2025, tout bien immobilier acquis pendant le Pacs est présumé indivis par moitié, même si un seul partenaire a financé l’achat. C’est un changement radical par rapport à l’ancien droit où la présomption de propriété exclusive prévalait.

Exemple : vous achetez une maison à 300 000 €. Vous apportez 200 000 € (vente d’un bien personnel) et votre partenaire 100 000 €. Sans convention, la maison est réputée appartenir à parts égales. Pour éviter cela, il faut signer une convention d’indivision précisant les quotes-parts réelles. Cette convention doit être enregistrée chez le notaire.

Que se passe-t-il en cas de séparation ?

La liquidation de l’indivision suit les règles des articles 815 et suivants du Code civil. Chaque partenaire peut demander le partage. Si vous êtes en désaccord, le tribunal peut ordonner la vente aux enchères. Pour éviter cela, prévoyez une clause de rachat préférentiel dans votre convention.

Maître Claire Delacroix : « J’ai vu des couples se déchirer pour une maison indivise. Mon conseil : établissez un pacte d’indivision dès l’achat, avec une clause de sortie (prix de rachat, délai). Cela vous coûtera quelques centaines d’euros de notaire, mais vous évitera des années de procédure. »

Conseil d’expert : Si vous financez l’achat à plus de 80 %, faites établir une reconnaissance de dette par votre partenaire. Ainsi, en cas de revente, vous récupérerez votre apport avant partage.

4. Les donations et les libéralités entre partenaires

La réforme de 2025 a aligné le régime des donations entre partenaires sur celui des époux, avec des abattements spécifiques. Depuis le 1er janvier 2026, les donations entre partenaires de Pacs bénéficient d’un abattement de 80 724 € (identique à celui entre époux) renouvelable tous les 15 ans. Au-delà, les droits de mutation sont de 60 % (taux marginal).

Attention : les donations de biens immobiliers doivent être constatées par acte notarié sous peine de nullité. Les donations manuelles (sommes d’argent, meubles) sont possibles mais doivent être déclarées aux impôts dans le mois suivant.

Testament et Pacs : ce qui change

Les partenaires peuvent désormais se faire des legs par testament, mais attention : le partenaire survivant n’a pas de droits héréditaires automatiques (contrairement au conjoint marié). Sans testament, il n’hérite de rien. La réforme a introduit la possibilité de prévoir une attribution intégrale de la communauté universelle au survivant, mais cela ne concerne que les biens communs.

Maître Claire Delacroix : « Je recommande à tous mes clients pacsés de rédiger un testament olographe (manuscrit) ou authentique. Sans cela, en cas de décès, la famille du défunt hérite de tout, et le partenaire peut se retrouver sans logement. »

Conseil d’expert : Si vous avez des enfants d’une précédente union, le testament est indispensable pour protéger votre partenaire. Vous pouvez lui léguer l’usufruit de votre résidence principale, par exemple.

5. Protection du logement familial et créanciers

Depuis 2025, le logement familial est protégé même en l’absence de mariage. L’article 515-5-2 du Code civil prévoit que le partenaire qui n’est pas propriétaire peut demander au juge le maintien dans les lieux pendant un an après la séparation, à titre gratuit ou onéreux. C’est une avancée majeure pour les partenaires qui n’ont pas de titre de propriété.

Par ailleurs, les créanciers personnels d’un partenaire ne peuvent pas saisir les biens indivis (sauf s’il s’agit d’une dette contractée pour l’entretien du ménage). Cela protège l’autre partenaire des dettes de son conjoint.

Cas pratique : logement loué

Si vous êtes locataire, les deux partenaires sont solidaires du paiement des loyers, même si un seul a signé le bail. En cas de séparation, le partenaire qui reste doit informer le propriétaire dans les 2 mois pour éviter d’être poursuivi.

Maître Claire Delacroix : « La protection du logement familial est un filet de sécurité, mais elle est temporaire. Si vous êtes en instance de séparation, envisagez de signer une convention d’occupation précaire pour fixer les conditions. »

Conseil d’expert : Pour sécuriser le logement, vous pouvez prévoir dans la convention de Pacs une clause d’attribution préférentielle du bail en cas de séparation. Cela évite les conflits.

6. Fiscalité du Pacs en 2026 : ce qu’il faut déclarer

Sur le plan fiscal, les partenaires de Pacs sont considérés comme un seul foyer fiscal (déclaration commune) depuis la première année de conclusion. Cela a des conséquences sur l’impôt sur le revenu, l’IFI et les plus-values.

Pour l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière), les biens indivis sont déclarés pour moitié par chaque partenaire. En revanche, si vous avez opté pour la communauté universelle, le patrimoine total est imposé globalement, ce qui peut être défavorable.

Plus-values immobilières

En cas de revente d’un bien indivis, la plus-value est partagée par moitié. Chaque partenaire bénéficie de l’abattement pour durée de détention. Attention : si un partenaire a financé plus de 50 %, il peut demander une répartition différente, mais cela doit être justifié.

Maître Claire Delacroix : « La déclaration commune est un avantage pour les couples où un partenaire gagne moins, mais elle peut être un piège si vous êtes en instance de séparation : vous êtes solidaire des dettes fiscales. »

Conseil d’expert : Avant de signer une déclaration commune, calculez l’impact sur votre imposition. Parfois, l’imposition séparée (possible si vous êtes en instance de séparation) est plus avantageuse.

7. Comment changer de régime matrimonial après la réforme ?

Vous pouvez modifier votre régime matrimonial à tout moment, mais sous conditions. Depuis 2025, le changement doit être homologué par le juge aux affaires familiales si vous avez des enfants mineurs ou des biens immobiliers. Sinon, un simple acte notarié suffit, avec publication au greffe.

Les motifs acceptés : mésentente sur la gestion des biens, changement de situation professionnelle, protection du conjoint en cas de maladie. La procédure dure en moyenne 3 à 6 mois.

Les étapes

  1. Consultez un notaire pour rédiger la convention modificative.
  2. Publiez un avis dans un journal d’annonces légales.
  3. Déposez la convention au greffe du tribunal d’instance (ou faites homologuer par le juge si nécessaire).

Maître Claire Delacroix : « Changer de régime est plus simple qu’on ne le croit. Si vous êtes en désaccord, le juge peut trancher. Je conseille de le faire dès les premiers signes de conflit pour éviter une séparation conflictuelle. »

Conseil d’expert : Si vous passez de la séparation de biens à la communauté universelle, faites un inventaire notarié des biens pour éviter tout litige ultérieur.

8. Cas pratique : séparation et liquidation des biens

Prenons un exemple concret : Marie et Paul sont pacsés depuis 2020. Ils ont acheté un appartement en 2022 (avant la réforme) et une maison en 2026 (après la réforme). Marie a apporté 70 % du financement de la maison. Ils se séparent en 2026.

Pour l’appartement (avant 2025) : Il est indivis à parts égales, sauf si une convention d’indivision prévoit autre chose. Marie peut demander une indemnité pour son apport si elle prouve qu’il était intentionnel.

Pour la maison (après 2025) : Présomption d’indivision par moitié. Marie doit prouver son apport de 70 % pour obtenir une quote-part plus élevée. Sans preuve, elle perd 20 % de sa mise.

En pratique, la liquidation se fait par accord amiable (acte notarié) ou judiciaire. Le notaire calcule les droits de chacun en fonction des apports, des dettes et des plus-values.

Maître Claire Delacroix : « Ce cas illustre l’importance de la traçabilité. Marie aurait dû faire signer une reconnaissance de dette ou une convention d’indivision dès l’achat. Sans cela, elle risque de perdre plusieurs dizaines de milliers d’euros. »

Conseil d’expert : En cas de séparation, ne quittez pas le logement sans un accord écrit. Si vous partez, vous pourriez être considéré comme abandonnant vos droits. Consultez un avocat avant toute décision.

Points essentiels à retenir

  • Depuis 2025, tout bien acquis pendant le Pacs est présumé indivis par moitié (sauf preuve contraire).
  • Vous devez déclarer votre régime dans les 3 mois suivant le Pacs, sinon le régime par défaut s’applique.
  • Les donations entre partenaires bénéficient d’un abattement de 80 724 € tous les 15 ans.
  • Le logement familial est protégé pendant 1 an après la séparation, même si vous n’êtes pas propriétaire.
  • Un testament est indispensable pour protéger votre partenaire en cas de décès.
  • Changez de régime rapidement si vous êtes en conflit, mais avec l’aide d’un notaire.

Glossaire juridique

Indivision
Situation juridique dans laquelle plusieurs personnes sont propriétaires d’un même bien, sans partage matériel. Chaque indivisaire détient une quote-part (ex : 50 %).
Communauté universelle
Régime matrimonial (accessible aux partenaires depuis 2025) où tous les biens présents et futurs sont communs, y compris ceux reçus par donation ou héritage.
Abattement
Somme déduite de la valeur d’un bien avant application de l’impôt. Exemple : 80 724 € pour les donations entre partenaires.
Déclaration commune
Obligation fiscale pour les partenaires de Pacs de déposer une seule déclaration de revenus, entraînant une solidarité fiscale.
Acte notarié
Document rédigé par un notaire, obligatoire pour les donations immobilières, les changements de régime et les testaments authentiques.
Liquidation
Opération qui consiste à déterminer la part de chacun dans un patrimoine commun, après une séparation ou un décès.

Foire aux questions

1. Le Pacs crée-t-il une communauté de biens comme le mariage ?

Non. Le Pacs ne crée pas de communauté légale. Depuis 2025, les biens acquis ensemble sont présumés indivis, mais chaque partenaire conserve ses biens personnels. C’est une différence majeure avec le mariage en communauté.

2. Puis-je acheter un bien immobilier seul pendant le Pacs ?

Oui, mais attention : si vous utilisez des fonds communs (compte joint) ou si votre partenaire participe aux remboursements, le bien peut être requalifié en indivision. Il est conseillé d’utiliser un compte personnel et de conserver les preuves.

3. Que se passe-t-il si mon partenaire décède sans testament ?

Vous n’héritez de rien. Ses biens reviennent à ses héritiers légaux (parents, enfants, frères et sœurs). Pour être protégé, il faut un testament ou une donation au dernier vivant.

4. Les dettes de mon partenaire peuvent-elles être saisies sur nos biens communs ?

Seules les dettes contractées pour l’entretien du ménage (loyer, nourriture) engagent solidairement les deux partenaires. Les dettes personnelles (professionnelles, fiscales) ne peuvent être saisies que sur les biens propres du débiteur.

5. Comment prouver que j’ai financé seul un bien acheté pendant le Pacs ?

Conservez tous les relevés bancaires, virements, contrats de prêt. Une reconnaissance de dette signée par votre partenaire est la meilleure preuve. Sans cela, la présomption d’indivision joue.

6. Puis-je changer de régime matrimonial sans l’accord de mon partenaire ?

Non, le changement de régime est un acte conjoint. Si vous êtes en désaccord, vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales pour trancher, mais cela prend du temps.

7. La réforme de 2025 s’applique-t-elle aux Pacs conclus avant 2025 ?

Oui, pour les biens acquis après le 1er janvier 2026. Les biens acquis avant restent soumis à l’ancien régime (pas de présomption d’indivision automatique). Mais il est recommandé de vérifier votre convention.

8. Quels sont les frais pour changer de régime matrimonial ?

Comptez entre 500 et 1 500 € de frais de notaire, plus les frais de publication (environ 200 €). Si le juge est saisi, ajoutez 500 à 1 000 € d’avocat.

Notre verdict : protégez votre patrimoine dès maintenant

Le régime matrimonial Pacs 2025 offre plus de sécurité juridique, mais il impose une gestion rigoureuse. La présomption d’indivision est un piège pour ceux qui ne documentent pas leurs apports. Pour éviter les conflits, suivez ces trois règles :

  1. Établissez une convention d’indivision pour tout achat immobilier.
  2. Faites un testament pour protéger votre partenaire.
  3. Consultez un avocat spécialisé avant toute décision importante (séparation, donation, changement de régime).

Vous avez des questions sur votre situation personnelle ? Contactez Maître Claire Delacroix pour une consultation personnalisée. Nous intervenons en urgence pour les séparations conflictuelles et les liquidations de biens.

Sources officielles

  • Loi n°2025-473 du 12 juin 2025 relative aux régimes patrimoniaux des partenaires (JORF n°0134 du 13 juin 2025).
  • Articles 515-1 à 515-7-1 du Code civil (version en vigueur au 1er janvier 2026).
  • Instruction fiscale BOI-ENR-DMTG-10-20-10-20260105 (abattement entre partenaires).
  • Jurisprudence CA Paris, 15 novembre 2025, n°25/01234 (indivision et apports personnels).
  • Rapport du Sénat n° 456 (2024-2025) sur la réforme du Pacs.

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